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Viktor IANOUKOVITCH tient sa revanche. En remportant l’élection présidentielle face au Premier Ministre sortant Iulia TYMOSHENKO, dimanche 7 février, il succède à son opposant de 2004, Viktor IOUTCHENKO.

Alors Premier Ministre sortant, Viktor IANOUKOVITCH avait été contraint par la pression populaire de se soumettre à un deuxième vote pour cause de fraudes électorales. Il avait été défait par la Révolution Orange. Depuis, il était le leader de l’Opposition à la Rada (Parlement) dans le Parti des Régions. Aujourd’hui, il est à nouveau élu Président de la République, pour de bon semble t-il.

Selon les résultats finaux publiés mercredi, le candidat de l’opposition devance Iulia TYMOSHENKO avec 48,95% des suffrages contre 45,47% pour le Premier Ministre. Cette année, il ne devrait pas y avoir de contestation populaire.

Si le directeur de campagne de Mme TYMOSHENKO, Alexandre TOURTCHINOV, a affirmé que sa formation contestait les résultats auprès de la Commission Electorale Centrale, Iulia TYMOSHENKO a gardé le silence. Elle s’est exprimée en tant que Premier Ministre lors du Conseil des Ministres de jeudi. La réunion portait sur le vote au Parlement d’un projet de loi destiné à augmenter les “normes sociales” en Ukraine. Si elle a fustigé les “mensonges” de IANOUKOVITCH, rien ne semble indiquer qu’elle en appelle aux manifestations populaires. Le combat ne se déroulera donc pas dans la rue, mais au Parlement.

L’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) a estimé le scrutin honnête et transparent. João SOARES, President de l’Assemblée Parlementaire a déclaré “Le vote [de dimanche] a été un impressionnant exemple d’élection démocratique. Pour tous les ukrainiens, ces élections sont une victoire. Il est maintenant temps pour les leaders politiques du pays d’écouter les désirs des citoyens et de s’assurer que la transition du pouvoir sera constructive et pacifique.” IANOUKOVITCH a même appelé son opposante à respecter ces observations et celles de l’Union Européenne et des Etats-Unis, qui ont reconnu la bonne tenue des élections.

Le défi du nouveau Président est de trouver des solutions à la crise économique qui a fortement touché le pays. L’instabilité politique qui a marqué le Gouvernement de Iulia TYMOSHENKO est un souvenir vivace dans l’esprit des ukrainiens. Viktor IANOUKOVITCH a d’ailleurs sommé Mme TYMOSHENKO de démissionner de son poste de Premier Ministre. Anna GUERMAN, députée du Parti des Régions l’a relayé dans cette déclaration: “Iulia n’a plus de vraie coalition depuis six mois. Elle n’a plus de légitimité, son gouvernement doit partir.

Pourtant, le Vice-Premier Ministre Olexandre TOURTCHINOV a fermement affirmé que “Le gouvernement ne démissionnera que s’il y a un nouveau Parlement” et les élections législatives ne sont prévues que pour le mois de septembre 2011. Comme Iulia TYMOSHENKO n’entend pas quitter son poste, le Parti des Régions souhaite un vote de défiance contre le Premier Ministre. Si ce vote n’aboutit pas, l’Ukraine semble se diriger vers une nouvelle cohabitation électrique.

Simon KSIAZENICKI

Master 1 Journalisme Européen

Université de Reims Champagne-Ardenne

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