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C’est le 22 décembre dernier que le président serbe Boris TADIC a déposé la candidature de son pays à l’entrée dans l’Union Européenne auprès du premier ministre suédois Fredrik REINFELDT, dont le pays assurait la présidence de l’Union Européenne jusqu’au 31 décembre 2009.

Au regard des profils d’autres candidats à l’entrée dans l’Union Européenne (la Croatie et la Macédoine), la Serbie est en retard. Pour que l’intégration soit possible, le Parlement exige : que le pays candidat ne soit pas trop corrompu, qu’il soit en paix, qu’il ait instauré une primauté du droit et qu’il respect les libertés fondamentales définies dans la Convention Européenne des Droits de l’Homme de 1950.

La Croatie et l’Ancienne République Yougoslave de Macédoine ont encore des progrès à faire en ces matières, comme le souligne le bilan du Parlement européen en date du 27 janvier 2010. Néanmoins, la Commission des Affaires Etrangères a voté une résolution par pays, desquelles ressortent que la Macédoine et la Croatie ont suffisamment progressé pour qu’on envisage leur adhésion dans un temps proche.

Pour ces deux pays, les négociations démarreront cette année, avec une adhésion autour de 2014 pour la Macédoine (sous la demande du gouvernement grec avec lequel elle a encore des litiges) et peut-être dès cette année pour la Croatie. La Commission des Affaires Etrangères pense que la réussite de l’adhésion de la Croatie pourrait donner “une impulsion positive au processus d’intégration du reste de la région des Balkans occidentaux au sein de l’Europe”.

Les Balkans sont un lieu géostratégique important du fait de la Guerre Froide et de leur soumission volontaire ou forcée à l’ex-U.R.S.S. Encore aujourd’hui, il est important pour l’Union Européenne d’avoir une influence sur ces zones afin de contrebalancer le pouvoir d’une Russie qui pèse 143,4 millions d’habitants en 2009.

La Serbie est au centre de cette politique d’influence, puisqu’il y a à peine dix ans, le président Slobodan MILOSEVIC voulait qu’elle intègre l’Union Russie-Biélorussie. Les dirigeants de l’Union Européenne, ayant conscience de ce fait, ont pris des mesures telles que le déblocage de l’entrée en vigueur d’un accord de libre-échange ou la suppression de l’obligation d’obtenir un visa pour les Serbes désirant se rendre dans l’Union Européenne en décembre 2009.

Pourtant, comme l’avait souligné Fredrik REINFELDT, « la route de la Serbie vers l’Union sera longue ». La Commission européenne estime que s’il y a intégration, elle ne pourra se faire avant 2014, voire 2018. Outre une sorte de « fatigue de l’intégration », l’Union Européenne estime que trop de problèmes structurels persistent en Serbie : si l’élection de Boris TADIC prouve les tendances pro-européennes de la majorité des Serbes, les ultras-nationalistes y sont encore nombreux.

De plus, le profil de la Serbie ne répond pas encore aux exigences européennes d’un point de vue politique et économique : son Indice de Perception de la Corruption est faible (3,4 sur 10 en 2008) et elle a été très touchée par la crise économique au point de devoir réduire fortement ses dépenses publiques.

A cela s’ajoutent des problèmes de taille comme celui de la proclamation de l’indépendance du Kosovo, le 17 février 2008.  Même si les pays européens sont divisés sur cette question (tous ne reconnaissent pas son indépendance), le fait que la Serbie ne le reconnaisse pas non plus expose la région à un nouveau conflit et l’Union Européenne ne peut prendre le risque d’intégrer un futur pays en guerre.

Des réformes sont en cours, mais les blocages de l’ancien système font qu’il faudra un peu de temps à la Serbie pour répondre aux exigences de l’Union Européenne.

Orianne ROGER

Master 1 Journalisme Européen de l’université de Reims Champagne-Ardenne

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