Thursday 5 March 2015

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Freedom of the press is the freedom of communication and expression through vehicles including various electronic media and published materials. While such freedom mostly implies the absence of interference from an overreaching state, its preservation may be sought through constitutional or other legal protections.

 

The EU’s black boxes are Council and trilogue

Posted by on 01/03/15
By Joop Hazenberg The Commission is an open house; the European Parliament a chaotic place but not a fortress. The real transparency threats are Black Boxes 1 & 2: the Council and trilogue bodies.

Charlie Hebdo vu de Turquie ou de Russie

Posted by on 25/02/15

Dans ses relations avec la Turquie comme avec la Russie, l’Union européenne n’a certes pas toujours fait preuve de lucidité et de perspicacité, mais ce constat n’exonère pas ces deux pays de leurs responsabilités. Les épisodes concernant Charlie Hebdo dans ces deux pays ne sont que de gros nuages noirs supplémentaires dans les relations avec ces deux partenaires stratégiques de première grandeur et c’est tout l’intérêt de cet article de s’être penché sur cet épisode révélateur. Même intérêt concernant les Etats-Unis au moment où la lutte contre le terrorisme semble vouloir(ou devoir) s’internationaliser au lendemain de la Conférence de Washington.

        -. 1 La Turquie

La visite officielle du premier ministre turc dans les institutions européennes coïncidant dans le calendrier était tombé à point nommé ? Un seul journal turc a osé publier la Une de Charlie Hebdo, malgré l’interdiction par la justice de ce pays « laïc ». En Russie, c’est l’autocensure qui est de mise, par peur des représailles. Les deux pays ont pourtant envoyé des représentants participer à la marche républicaine du 11 janvier à Paris…le premier ministre turc et le ministre des affaires étrangères russe. Les apparences diplomatiques étaient sauves. Mais que penser de la fiabilité diplomatique de ces deux partenaires stratégiques auxquels on aurait pu ajouter pour faire bonne mesure, la Hongrie de Viktor Orban dont les déclarations anti-immigrés ont frappé tous les observateurs présents avec lui sur place lors de la manifestation du 11 janvier.

« La Turquie n’aura pas attendu longtemps », commente le journal Libération : un tribunal a ordonné le blocage des sites internet qui publient la Une de Charlie Hebdo. « Cumhuriyet («La République»), l’un des plus anciens quotidiens turcs et fervent défenseur de la laïcité, a lui bravé les menaces », explique le site du quotidien. Libération ajoute que « la police turque a tenté d’empêcher dans la nuit la distribution du quotidien, sans succès ».

« Cumhuriyet est jusqu’à présent le seul journal à avoir diffusé ces dessins dans le monde musulman, où pressions et menaces se sont multipliées », note Ouest France. Toutefois, « le journal devait initialement publier l’intégralité du nouveau numéro, mais s’est finalement contenté, après un vif débat interne, d’un encart de quatre pages, conscient des risques de représailles », rapporte le site du quotidien. Ouest France rappelle que « la Turquie est régulièrement placée aux derniers rangs mondiaux dans les classements sur le respect de la liberté d’expression publiés par les ONG de défense de la presse ». Le journal a longtemps hésité mais finalement il n’a pas franchit le pas et a renoncé à publier les caricatures et la mise sous surveillance et la diversité des mesures à son encontre laissent deviner quel aurait son sort si le journal avait publié les caricatures. Le pouvoir avait la ferme intention de faire saisir préventivement le journal sans attendre une décision de justice.

Le journal le Monde souligne que « la vindicte des gardiens de l’islam sunnite contre les libres penseurs ne date pas d’hier ». Le site du quotidien rappelle l’incendie criminel du 2 juillet 1993, à l’encontre d’artistes. « 37 personnes (…) périrent dans les flammes après avoir été empêchés de sortir par la foule déchaînée », venue exprimer sa rage « à l’appel des partis islamistes ». « En 2012, l’affaire fut classée sans suite, pour la plus grande satisfaction des avocats des fauteurs de trouble de Sivas, dont certains, devenus ministres ou députés, ont effectué depuis une ascension vertigineuse au sein de l’AKP », affirme Le Monde.

« Dans le même temps, le Haut-Conseil de la radio et de la télévision (RTÜK), gendarme des médias, a adressé à tous les organes de presse, ainsi qu’à Twitter et Facebook, une décision de justice les menaçant de poursuites en cas de diffusion de documents qui, selon ceux qui les ont publiés, prouvent que le gouvernement islamo-conservateur a bien livré des armes à certains groupes islamistes rebelles syriens », signale Le Monde. Le site du quotidien rappelle la « vague d’arrestations importante contre des médias de l’opposition à l’initiative du président Recep Tayyip Erdogan, parmi eux le rédacteur en chef de l’un des principaux quotidiens du pays, Zaman [et] le président de la chaîne de télévision Samanyolu ». Sans compter le blocage temporaire des réseaux Twitter et Youtube par le gouvernement « pour empêcher la propagation d’accusations de corruption visant l’entourage du président ».

Dans le même ordre d’idée certains journaux rappellent sue la Turquie utilise la partie turque de Chypre pour acheminer, « infiltrer » des djihadistes. L’ambiguïté turque n’est pas à rappeler ici tant elle est bien connue. Certes dans cette affaire la Turquie n’a pas été le Tchétchénie, l’Iran, le Niger, le Pakistan etc où les manifestations se sont transformées en émeutes avec mort d’hommes. Comme l’écrit dans Liberation du 23 janvier dernier le professeur Ahmet Insel de l’Université de Galatasaray : « l’affaire Charlie Hebdo est un nouveau moment de rupture en Turquie, un de plus après les évènements du Parc Gesi, mais elle révèle une évolution bien plus profonde. » Tout cela quasiment à la veille des élections parlementaires une source supplémentaire de préoccupations nous dit Ilter Turan dans le bulletin du German Marshall Fund (Cf. infra pour en savoir plus.)

Pour l’instant ce qui retient notre attention c’est la visite du premier ministre Ahmet Davutoglu aux institutions européennes, à l’issue de la quelle le Président Donald Tusk a déclaré : « à la lumière des récents meurtres à Paris, UE et Turquie avaient convenu d’intensifier leur dialogue sur la lutte contre le terrorisme, y compris pour contrer l’Etat Islamique » Toujours à la lumière de ces évènements, Donald Tusk a souligné que la détermination de l’UE à défendre ses valeurs fondamentales « y compris la liberté de pensée, d’expression et des médias n’avait fait qu’augmenter ». La Turquie, rappelons le est le pays au monde qui compte le plus de journalistes en prison. Dans un communiqué de presse Donald Tusk explique que les deux parties ont décidé aussi de renforcer le dialogue et la coopération en termes de politique étrangère, en particulier sur la Syrie et l’Irak, l’Ukraine et le Moyen-Orient. Le premier ministre turc et le président du Conseil européen ont également souligné leur « vif intérêt en faveur du renforcement des relations économiques et commerciales ». Pour Donald Tusk « en particulier il est grand temps de faire avancer les travaux sur la modernisation de l’union douanière afin qu’elle puisse réaliser son plein potentiel ».

Saluant l’engagement du gouvernement turc dans le processus d’adhésion( le premier ministre a également rencontré le président Juncker et Federica Mogherini) le président du Conseil européen a précisé que l’UE allait continuer à soutenir l’ouverture de nouveaux chapitres, lorsque les conditions seraient remplis. L’ouverture de nouveaux chapitres est actuellement bloquée par Chypre en raison du non respect par la Turquie de ses droits souverains et de son espace économique exclusif. Donald Tusk et Davutoglu ont convenu de la nécessité d’un règlement global du problème de Chypre : « le statu quo a duré trop longtemps. Il est très important de veiller à créer un climat positif pour que les négociations puissent reprendre » a souligné Donald Tusk qui a aussi souligné les efforts en vue d’un règlement pacifique de la question kurde.

Bonnes chances aux acteurs des relations entre l’UE et la Turquie !

2-. La Russie

Autre phénomène inquiétant : l’influence des théoriciens du complot. La revue Challenges constate que « la Turquie et la Russie font partie des pays où ces théories du complot sont le plus en vogue ». Pour le président turc, Recep Tayyip Erdogan, « il s’agit d’un ‘complot’ dans la manière qu’ont eu ‘les Occidentaux’ de relater et d’expliquer ces attaques », rapporte le site de l’hebdomadaire. Côté russe, « politologues et politiciens continuent de défiler sur les plateaux pour expliquer que globalement la France ne fait que récolter ce qu’elle a semé, qu’elle avait failli à l’intégration de ses musulmans, qui sont d’ailleurs beaucoup trop nombreux, les poussant aujourd’hui au jihad par sa politique au Proche-Orient », rapporte « Libération. « La chaîne de propagande pro-Kremlin Lifenews et le quotidien non moins loyal Komsomolskaya Pravda s’interrogent quant à eux sur le rôle des Américains dans les attentats parisiens… », alors qu’aucun journal « n’a suivi l’appel de Mikhail Khodorkovsky, exilé en Suisse, à publier des caricatures du prophète en signe de solidarité », constate le site du quotidien.

Alexei Malachenko, spécialiste de l’Orient et de l’islam au centre Carnegie de Moscou, revient sur la mobilisation exceptionnelle contre «Charlie Hebdo», à Grozny. Des centaines de milliers de personnes (800 000, selon les autorités locales, dans un pays qui compte 1,2 million d’habitants) se sont rassemblées, lors d’une manifestation monstre à Grozny contre la dernière une de Charlie Hebdo. «Ceci est une manifestation contre ceux qui insultent la religion musulmane», a annoncé le dirigeant tchétchène prorusse, Ramzan Kadyrov, pour protester contre la caricature de Mahomet. Kadyrov, dirigeant autoritaire et protégé du Kremlin, avait appelé la population à exprimer sa colère. Après les attentats du 7 janvier contre l’hebdomadaire satirique, il avait décrit les dessinateurs de Charlie Hebdo comme des «personnes sans valeurs spirituelles et morales».

L’événement était un projet personnel de Ramzan Kadyrov, à des fins personnelles. Il fait tout son possible pour être un homme politique de niveau fédéral. Mais il ambitionne surtout de devenir le leader des musulmans de Russie, voire au-delà. Mais dans les autres régions musulmanes de Russie il n’y a eu aucune mobilisation…C’est vrai qu’il ne s’est absolument rien passé ni à Kazan, ni à Naberejnye Tchelny, ni à Oufa (grandes villes peuplées majoritairement de musulmans, Tatars et Bashkirs, ). Et même à Moscou, une manifestation du même type prévue le 25 janvier n’a pas été autorisée. Cela révèle des dissensions au sein de l’oumma russe. Personne n’a aimé les caricatures et le soutien qu’elles reçoivent en France, mais les réactions ont été très variées. Les leaders tatars ont pu s’exprimer sur le fait qu’il ne faut pas provoquer les musulmans, mais il ne leur serait jamais venu à l’esprit de mobiliser les masses. D’autre part, ce qui est possible dans le Caucase est impossible ailleurs : à Moscou, une telle manifestation aurait été tout bonnement perçue comme une provocation, avec des conséquences dangereuses pour les musulmans eux-mêmes. Signalons également que 15000 se sont rassemblées à Magas capitale de l’Ingouchie. La foule a protesté contre les caricatures. Le président de cette petite république du Caucase du nord a protesté dans un communiqué contre les caricatures « un extrémisme d’Etat de la part de quelques pays occidentaux(…) insulte contre les croyances des musulmans (…) qui tentent de dresse les croyants de diverses religions les uns contre les autres ».Un activiste russe a été condamné à huit jours de prison pour avoir manifesté son soutien à Charlie Hebdo avec une pancarte. Si certains russes ont manifesté devant l’ambassade de France avec fleurs et bougies, l’opinion publique et la presse russe restent partagées sur le soutien à apporter à l’hebdomadaire. « Dieu merci, la Russie n’a pas été touchée par cette épidémie » s’est exclamé un journal quotidien populaire en évoquant les manifestations de soutien à Charlie. Le journal s’est félicité de l’existence d’un article du code pénal qui condamne d’une lourde amende les médias qui se rendent coupables d’incitation à la haine raciale inter-ethnique ou religieuse. Mikhaïl Khodorkovski qui avait demandé aux médias de publier les caricatures en signe de soutien à l’hebdomadaire n’a quasiment pas été suivi. L’autorité russe de surveillance des médias, Roskomnadzor, a appelé les médias russes à s’abstenir de publier les caricatures qui « vont à l’encontre des normes éthiques et morales établies pendant des siècles de cohabitation entre différents peuples et confessions religieuses »

Quelle est la position du Kremlin à l’égard de la manifestation de Grozny ? La réaction du Kremlin a été favorable. Moscou en a aussi tiré profit, dans son positionnement vis-à-vis de l’Occident, en marquant la singularité russe : voyez comment les musulmans manifestent librement en grand nombre chez nous, tandis qu’une telle mobilisation ne serait jamais tolérée en France. En outre, Kadyrov a confirmé ainsi une fois de plus sa loyauté à Poutine Quels sont les défis que pose l’islam aujourd’hui en Russie ? C’est la deuxième religion de Russie, et le nombre de musulmans ne cesse d’augmenter. L’immigration musulmane représente aujourd’hui cinq millions de personnes, des mosquées ont été construites à Vladivostok, à Ekaterinbourg, à Iakoutsk. Et la question de l’islam n’est pas du tout périphérique. Surtout avec ce qui se passe au Proche-Orient – des milliers de citoyens russes combattent en Syrie et en Irak pour l’Etat islamique. En Russie, l’islam se radicalise, lentement, mais sûrement. Cela ne veut pas dire qu’il y aura une révolution islamique demain, mais le problème s’aggrave sur fond d’une immigration croissante, de tensions interethniques, de pénétration de l’islam radical (Frères musulmans entre autres), de la politique du Kremlin dans le Caucase du nord… Entre-temps, des mosquées poussent partout, sauf à Moscou, malgré les 2 millions de musulmans (pour une population moscovite de 18 millions, où les habitants sont particulièrement irrités par les migrants et les autorités ne veulent pas créer de foyers d’attraction pour les musulmans radicaux.

     -. Les Etats-Unis

Deux aspects sont à retenir : les leçons enfin tirés du 11 septembre et le comportement de la presse américaine. Concernant la mobilisation française, les américains se rendent compte maintenant qu’ils ont mal réagi aux évènements du 11 septembre. Leur réponse de colère et de vengeance, à l’opposé des réactions françaises, reconnaissent les américains, était fondamentalement erronée et avait conduit à des comportements totalement destructeurs : l’invasion de l’Irak, la déstabilisation durable du Proche-Moyen Orient. La manière digne, unie et de sang froid, avec laquelle la France a réagi, c’est ce que les américains auraient dû ou voulu faire eux-mêmes ont-ils réagi. Ils ont commenté : le Homeland and Security Act, le Patriot Act ne sont pas nécessaire en France : on n’en a pas besoin entant que tel en France. Les services américains étaient trop fortement dispersés et communiquaient trop mal entre eux. Tout cela a tendu à limiter les libertés individuelles. Mieux utiliser les outils existants et pas nécessairement faire de nouvelles lois aurait été plus judicieux, travailler plus efficacement par des coopérations plus efficaces  et plus étroites. Enfin les américains ont reconnu, tardivement que le « either you are with us, or you are with the terrorists » représentait une démarche totalement erronée par son simplisme.

Dans une affaire où les réactions de l’opinion publique sont essentielles, il est utile de jeter un œil sur la presse américaine : deux mots la caractérisent : embarras et dilemme, mais aussi dénonciation de l’hypocrisie des restrictions françaises à la liberté d’expression, voire même dénonciation des peines estimées trop lourdes.

Exemplaire à bien des égards, l’exercice d’équilibriste du New York Times qui a décrit sans la montrer la manchette incriminée consacrée à une caricature du prophète. Le directeur, Dean Baquet a rappelé la règle stricte qui proscrit la publication de « tout ce qui est destiné délibérément à heurter les sensibilités religieuses(…) Après mure réflexion » les responsables du New York Times avaient décidé que « décrire les dessins en question donnerait suffisamment d’informations aux lecteurs » pour comprendre la situation . Dans une société où les religions ont conservé une influence bien plus forte qu’en Europe, la presse n’était pas là pour accélérer la déchristianisation ou même simplement la « déreligionisation » de la société. C’est un domaine sensible auquel on ne touche pas impunément est-il tacitement admis. Le quotidien n’a pas été le seul à faire ce choix, alimentant de vifs débats sur les limites de la liberté d’expression et les responsabilités des médias. L’Agence de presse Associated Press et les chaînes d’information CNN, MSNBC et NBC News ont fait de même et décidé de masquer les dessins controversés exprimant clairement leurs préoccupations contre tout ce qui pourrait être perçu comme potentiellement offensant.

Le responsable de CNN worldwide, Jeff Zucker, a mis en avant un autre argument « D’un point de vue journalistique nous sentons que nous avons envie et que nous devrions utiliser ces images. Mais de mon point de vue de responsable, la sécurité de nos équipes de par le monde est plus important pour l’instant ». Cet argument avait été mis en avant par le Porte Parole de la Maison Blanche, Jost Earnest, invité à commenter les déclarations faites par prédécesseur, Jay Carney, suite aux publications des caricatures « gravement offensante »du prophète. M Earnest tout en en rappelant l’importance de la liberté d’expression consacré par le premier amendement de la Constitution américaine et le fait qu’aucun acte de violence ne pouvait être justifié par la publication de caricatures avait indiqué que la Maison blanche devait s’interroger sur les conséquences de telles publications pour ses personnels militaires et diplomatiques. Le Washington Post qui n’avait pas à l’époque publié les premiers dessins a fait un autre choix : au lendemain du massacre de Paris il avait republié la manchette de 2011, mais dans ses pages de la rubrique « Opinions », un éditorial mettait en garde contre la tentation de l’autocensure. Le directeur du Washington Post, Martin Baron, expliquait qu’il interdisait la publication « de ce qui est précisément, délibérément ou inutilement offensant pour des membres des groupes religieux » mais que la couverture du nouvel hebdomadaire n’entrait pas dans cette catégorie là. La médiatrice du New York Times a plutôt défendu la position du quotidien ce qui lui valu de nombreuses critiques et l’a amené à regretter que son journal n’ait pas révisé sa politique car le contenu publié à Paris, « n’était ni choquant, ni gratuitement offensant et avait une valeur significative d’information ». L’humoriste du Huffington Post, Jon Stewart comme de nombreux intellectuels américains de gauche comme de droite, estime que les discours de haine sont mieux régulés et combattus par le débat public d’idées que devant les tribunaux. Or en France l’approche est plus équilibrée et nombre d’américains font remarquer que de nombreux français ont été arrêtés et condamnés parfois lourdement (peine de prison) pour apologie du terrorisme. Le système judiciaire américain est plus intéressé à contrer les discriminations racistes (emploi, logement, accès à l’université etc…)que par la lutte contre les discours racistes qui ne sont pas considérés comme du ressort de la loi. Aux Etats-Unis, seul un discours qui incite de façon très explicite à une action violente peut être puni par la loi et il faut que la probabilité de cette action violente soit élevée. En France une simple expression d’une opinion pro-terroriste est criminalisée. Bien des américains (juristes, journalistes) estiment que l’attitude du gouvernement français est excessive. En France il est plus socialement accepté de tenir des propos racistes mais les lois sont plus restrictives concernant l’expression d’opinions alors que aux Etats-Unis c’est l’inverse qui prévaut fait-on remarquer. Les traits caricaturaux de Charlie Hebdo concernant les noirs, les arabes etc. passeraient très mal aux Etats-Unis même en faisant observer qu’il s’agit d’une forme d’humour, à prendre au second degré.

Un journaliste, David Brooks, écrit dans le New York Times que « s’ils avaient voulu publier leur journal satirique, çà n’aurait pas tenu 30 secondes(…) Les associations étudiantes et de professeurs les auraient accusés d’incitation à la haine raciale ».Un des problèmes les plus sérieux soulevés par de nombreux articles américains tient à la difficulté de définir ce qui est raciste. L’argument français qu’une caricature de Mahomet est plus défendable parce qu’elle vise une religion est pas une communauté est loin de convaincre des américains, pour beaucoup cet argument n’est pas recevable. Un des arguments avancés par ailleurs est que le ressenti par la population doit jouer un rôle important pour déterminer ce qui est raciste et ce qui ne l’est pas. Si de nombreux musulmans perçoivent les caricatures de Mahomet comme insultantes, alors il faut peut-être accepter qu’il s’agit bien d’une forme de discours raciste ce qui pour un américain ne veut pas nécessairement dire qu’elles doivent être considérées comme illégales. De même d’un point de vue américain, la conception française de la laïcité est une forme de limite à la liberté d’expression et de religion . Les lois françaises leur semble à bien des égards contreproductives.

C’est ce dilemme qui a rendu si difficile et si longue l’adoption de la directive cadre de l’UEcontre le racisme, la xénophobie, la haine raciale. Une directive mal reçue dans le monde anglo-saxon. C’est cette culture qui explique qu’un anglais condamné en Autriche à de lourdes peines de prison pour propos négationnistes et franchement pro-nazi, de retour dans son pays , il n’a fait l’objet d’aucune poursuite malgré les réactions contraires  de certaines personnes appelant à des sanctions. C’est une opinion que nous condamnons, mais c’est une opinion, a-t-on alors entendu.

 

Pour en savoir plus :

   

       -. German Marshall Fund : llter Turan  « Six Months Away Yet so Near, the Forthcoming Elections in Turkey “ http://www.gmfus.org/wp-content/blogs.dir/1/files_mf/1421859990Turan_SixMonthsAway_Jan15.pdf

     -. Courrier International qui publie et qui ne publie pas la couverture de Charlie Hebdo http://www.courrierinternational.com/revue-de-presse/2015/01/14/qui-publie-et-qui-ne-publie-pas-la-une-du-nouveau-charlie

 

 

 


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Journalists on the lookout for data tools

Posted by on 25/02/15

“Don’t ask what you can do for data”…

People gathering at the News Impact Summit Brussels on Tuesday (24 February) were wondering what new tools and approaches exist to innovate in today’s EU affairs media landscape.

EU Community was invited to present their approach: how can data work to our benefit, increasing our day-to-day understanding of EU policy-making?

EU Community is building applications on top of the EU’s open data sources and all kinds of other data flying around, we told the audience: “It’s combining data analytics with crowdsourcing tools and user input, to make sense of the day-to-day EU affairs process.”

A lot of people working in EU affairs – whether they’re a journalist, lobbyist, politician or citizen – still get lost in the big pile of data and information.

The EU institutions, hacktivists, transparency activists and many others have helped to open up EU data over the past years. The datasets are out there: here, here, here or here.

This data has the potential to change the public debate on the European Union, making it more evidence-based, accurate, relevant and efficient. It can contain answers to the questions policy-makers are asking themselves, EU professionals are putting on the table and European society as a whole is looking to solve.

EU Community is working to pioneer this field. We aim to develop the tools that will allow EU experts to connect the dots.

Perhaps it can inspire answers – and new questions - for the next News Impact Summit?

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You can have a look at the Twitter conversation that happened during the event, here.

The event’s agenda is to be found here.

We’ll follow up soon with more information and links to the conference’s presentations and ideas.

#Media4EU: Who on High Level Group on healthy EU Media sector?

Posted by on 24/02/15
Last month, Fondation EurActiv released its ‘Yellow Overview’ with 6 recommendations for independent and sustainable media in Europe at an event gathering 120+ policy-makers, stakeholders and media representatives in the European Parliament. (You can read more on this here and here, and in my previous #Media4EU blog posts.) Call for a High Level Group for a [...]

7 European countries in danger zone on religious freedom

Posted by on 15/02/15

 The international Catholic charity and Pontifical Foundation Aid to the Church in Need (ACN) published a report entitled Religious Freedom in the World Report 2014, which was first presented on November 5th, 2014. The Observatory provided data for the European region to the report. Find here a summary of the key findings, including information on the seven countries, ACN finds worrying in Europe.

 The report, which is published every two years, covers the period from the October 2012 to June 2014. It desribes the degree to which religious freedom is granted in 196 countries of the world and covers all faith groups. The publication is considered as the most comprehensive report on religious freedom delivered by a Catholic charity. Its presentation was accompanied by a video message of His royal highness Prince Charles.

 Key points of the report summary:

 41 % of the countries are identified as places where religious freedom is impaired, classified as “high” or “medium” or where religious freedom is in decline.

18 % of the countries – were classified as having some religious freedom issues that are “of concern”, but with no deterioration in their status.

The remaining 41 % of the countries – indicated no concerns regarding religious freedom, meaning that the report found no regular or systemic religious freedom violations in these nations.

 28% of the countries – recorded deteriorating conditions, 3% of the countries – recorded a change for better.

 Even in the six countries where some improvements have been noted, four – Iran, United Arab Emirates, Cuba and Qatar – remain classified as places of “high” or “medium” persecution. Zimbabwe and Taiwan are classified “of concern” and “low” respectively.

 In total, in twenty countries persecution is listed as “high” with regard to lack of religious freedom:

 Fourteen contries experienced religious persecution linked to extremist Islam -Afghanistan, Central African Republic, Egypt, Iran, Iraq, Libya, Maldives, Nigeria, Pakistan, Saudi Arabia, Somalia, Sudan, Syria and Yemen.

  1. Six countries, religious persecution is linked to authoritarian regimes – Burma (Myanmar), China, Eritrea, North Korea, Azerbaijan and Uzbekistan.

 Religiously-inspired terror is not only widespread but is on the increase.

 The mayority of changes have been for the worse – sometimes the deterioration is caused by legal or constitutional discrimination or to sectarian hostility, often linked to racial or tribal tensions. In some cases one religious group is oppressing another, partly to the point of trying to eliminate other groups.

 In Western countries, religious tension is rising, provoked by ‘aggressive atheism’, liberal secularism and the rapid influx of economic migrants and refugees with a faith and culture markedly different from the host country. The United Kingdom, Germany, France, Netherlands, Denmark, Sweden and Norway are among the countries where the state of religious freedom is mentioned as “worrying” and at the same time “worsening” by the report.

The Report explains its concerns regarding Netherlands, France and Germany in detail.

 Regarding the United Kingdom, the report states: « Hate Speech Laws have been used to arrest Christians preachers ». « An official Scottish Government report showed an increase of 26% in religiously aggravated offences over the period 2011-12, with 876 charges being made. Catholicism and Protestantism were the target of abuse most often. » « Members of religious groups have experienced conflict between their beliefs and Equality Legislation ».

 Regarding Norway, the report deplores that « acting in accordance with one’s own convictions can prove to be damaging to one’s professional life and working career. As from October 2011, doctors who object in conscience to certain practices have been subject to political pressure from the government. The authorities effectively prevent those who refuse to be involved in abortions from being in the medical profession ».

 Regarding Denmark: « In June 2012 there was a breakdown in cooperation between the State and the Evangelical Lutheran Church (ELC) when Parliament approved a law obliging ministers of this religion to celebrate weddings in church between persons of the same sex. » « Other alarming cases, this time directed against Christians, included an act of vandalism by a young man who on 26th May 2013 smashed the legs of the figure of Jesus on a crucifix in the Catholic church of Esbjerg, in Jutland. The crucifix had already been damaged; at Easter 2012, the figure of Jesus had been broken away from the cross ».

 Regarding Sweden: „Four people were in fact punished, following a long legal wrangle that began in 2004. They had attempted to initiate a debate on the lack of objectivity in the Swedish school system and had handed out flyers about an alleged “homosexual agenda”. The Supreme Court, while recognising people’s right to express their opinions, took the view that their claims had been “pointlessly offensive.” « As to the freedom of parents to provide an appropriate education to their own children, this has been severely restricted since the passing of the education act in 2010, which has made homeschooling illegal. It is argued that the Swedish state has trampled on the right of families to make their own choices regarding the human and spiritual formation of their children. As a result, a number of Christian families have left Sweden and moved to Finland ».

 Pour en savoir plus:

      -. Link to the full report: http://www.acnuk.org/religious-freedom-in-the-world-report-2014

Full report shown on a map to choose individual countries: www.aidtochurch.org/report2014/eng/tab2_eng.htmlreligion-freedom-report.org.uk/wp content/uploads/2014/10/executive_summary.pdf

 

      -. Links mentioning the ‘Observatory’ and the European situation in particular:

www.aidtochurch.org/report2014/eng/pdf/Sources.pdf

 : www.cruxnow.com/faith/2014/11/04/report-rise-of-anti-christian-persecution-is-catastrophic/ it.radiovaticana.va/news/2014/11/07/cristiani_in_europa_casi_di_esclusioni_e_limitazioni_legali/1110420

 www.catholicnewsagency.com/news/a-quiet-threat-religious-freedom-dwindling-in-europe-us-11509/

 www.culturacattolica.it

      -. Other interesting links about the report: www.cruxnow.com/faith/2014/11/04/report-rise-of-anti-christian-persecution-is-catastrophic/

 www.vanthuanobservatory.org/notizie-dsc/notizia-dsc.php

 www.zenit.org/en/articles/prince-of-wales-to-address-parliament-on-religious-freedom

 www.bbc.co.uk/news/uk-29899571; www.bbc.co.uk/news/uk-29908107

 www.bbc.co.uk/news/world-30001063

 www.itv.com/news/2014-11-04/prince-charles-in-plea-over-persecution-of-christians/

 www.channel5.com/shows/5-news/features-archived/prince-charles-makes-plea-to-muslims-over-christian-persecution

 news.sky.com/story/1366756/charles-in-plea-to-muslims-over-christians

Times (p.14) www.thetimes.co.uk/tto/news/uk/royalfamily/article4258061.ece

 Telegraph (p.11) www.telegraph.co.uk/news/uknews/prince-charles/11207456/Prince-of-Waless-plea-to-Muslims-over-Christian-persecution.html

 Daily Mail (p.13) www.dailymail.co.uk/news/article-2820743/Prince-Charles-calls-Muslim-leaders-stop-indescribable-tragedy-persecution-Christians-Middle-East.html

 Daily Express (p.8) www.express.co.uk/news/royal/531468/Prince-Charles-Muslim-Christian-Islamic-State-IS

 Guardian (p.4) http://www.theguardian.com/uk-news/2014/nov/04/threat-christians-middle-east-prince-charles The story was top story on the Guardian website at one point and an additional piece appears on the Guardian website: www.theguardian.com/uk-

news/video/2014/nov/05/prince-charles-message-faith-leaders-defence-christianity-video

 

 

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Charlie: Avoiding a big confusion of feelings

Posted by on 12/02/15
Guest blogpost by Philippe Juvin, member of the European Parliament (EPP), spokesman for French deputies. A few months ago, the French cartoonist Cabu was in La Garenne-Colombes, a town close to Paris where I am the mayor. He was presenting a collection of original cartoons on jazz and was signing his book on this same [...]

EurActiv 2015: Open Access, Open Debates, Open Borders, Open Minds & Open Data

Posted by on 09/02/15
Chers ami(e)s et partenaires d’EurActiv, L’année 2015 commence bien pour vous? Nous sortons d’une année politique de renouvellement européen des dirigeants et des priorités. C’est maintenant le temps des législations débattues et des actions mises en œuvre dans les pays. Le réseau EurActiv en 12 langues y prendra toute sa part, depuis 12 capitales. Nous [...]

Media & policy-makers gather: Sustainable media in Europe

Posted by on 03/02/15
Fondation EurActiv organised the #Media4EU event in the European Parliament on 29 January, gathering policy-makers, stakeholders and media representatives to discuss the EU’s strategy for independent and sustainable media in Europe. These are our notes of the evening’s discussion: Summary and conclusions of debate at EP on 29 January 2015 Wide support from cross-section of [...]

There is life after €uro

Posted by on 20/01/15

With Greek election only a few days away, I am reminded of a friend’s prediction that this time even loyal voters may vote for a different party that they used to. After having to leave Athens because of the crisis, he is struggling to keep his doctors practice afloat on the small island of Aegina.

Since the early 80’s the Greek state has been managed in a deplorable way by the two major parties in the republic. A closed circle of politicians monopolized power and alternately governed the country. During these years, they developed an extreme political clientelism with as result the creation of two parallel administrations.

This practice, which de facto substituted the official state, is one of the major factors of the actual social and economic bankruptcy of Greek society. If we add to that : (1) the large amount of debt accumulated by public and private spending ; (2) the reckless lending to Greece by dangerously under-capitalized northern European banks and ; (3) euro zone’s blindness and visionless economic policy dictated by Berlin that imposed unsustainable demands, then we understand Greek reality.

Greece enters the eighth year of deep recession. The human toll of the economic crisis is huge. Unemployment is above 25 per cent, and among those aged 15 to 24 it is close to 60 per cent. A study published in the European Journal of Psychiatry in March 2014 provides evidence of a 55, 8 per cent increase in suicides between 2007 and 2011.

Despite the austerity, that has been extremely intense and inhuman, the Greek public debt has increased and now exceeds 170 per cent of GDP. The country lost 25 per cent of its GDP since it has been undertaken by the Troika program.

Here are 5 reasons why Greeks will vote for anti-austerity in the upcoming election:

Greeks don’t buy the fear campaign of #Grexit

The strategy of fear that the actual government is campaigning on clearly does not work. Endorsement of this strategy by European politicians and EU institutions does not help. In the contrary, it has a boomerang effect. Greek citizens are not buying that the opposition constitutes a danger. The EU institutions failed to take into account the social and political implications of the severe austerity programs they imposed in countries like Greece.

Lack of trust towards government coalition

The simplest definition of trust from the perspective of the citizens is the personal confidence and absence of disbelief. When trust is absent, like in Greece, it is replaced by uncertainty, lack of confidence, and the expectation that actual political leaders will do things that are adverse to the interests of the people. Greece has much more debt than the country could ever hope to repay. Denying this reality condemns Greek citizens to a very long period of misery.

EU and the euro lost their credibility

In May 2012 Mario Draghi, the head of the ECB, declared that the crisis had exposed the inadequacy of the financial and economic framework set up for the euro monetary union launched in 1999. The euro was meant to bring convergence to the economies of the EU. Yet it has caused even greater divergence. The emphasis on austerity might have been politically necessary when the debt crisis began, in order to discourage governments from expecting more EU bailouts. However, this policy has also brought EU growth near to zero, encouraged deflation, fed exasperation across the continent and led to the impoverishment of large parts of the Greek population and, other euro zone countries. Under present conditions, the question of staying or not in the euro zone may not be very relevant to the average Greek. Nevertheless, Greece will probably stay in the euro, whoever wins the election. If it doesn’t, I am sure that there is life after euro, even if this will demonstrate complete lack of cohesion and integration inside the euro zone.

Troika is seen as foreign intervention

The International Monetary Fund (IMF), the European Central Bank (ECB) and the European Commission (EC), form the so-called Troika, which intervened in 2010 to keep Athens from defaulting on its debts and having to leave the euro zone. Greece was put under a system of forced administration. In 2013 the IMF admitted that it made major mistakes on the first bailout, setting excessively optimistic expectations for the country’s economy and underestimating the effects of the austerity measures it imposed. The rescue package kept the country afloat, but it came in exchange for exaggerated austerity measures that have deepened recession and encouraged extremist political parties and polarization.

Leftwing Syriza is moving to the center

In every opinion survey leftwing Syriza is in the lead. The difference with the second party is 3 to 4 per cent and it does not seem to close. Syriza, is retreating from leftist rhetoric by confirming that no unilateral decisions will be taken on obligations towards creditors. It would not be the first party to become more pragmatic once in power. However, many of the party’s policies are unlikely to be accepted by the Troika, despite Syriza’s position having moved to the center recently.

The belief of the leader of Syriza, Alexis Tsipras that there should be a transparent and sustainable re-negotiation of debt, has won applause from other parties in Europe and may lead to a pan-European large-scale anti-austerity strategy. Nevertheless, Tsipras will be obliged to do business with other euro zone countries if he wins the election.

Lutte contre le terrorisme et Droit international : les règles d’acquisition et de retrait de la nationalité

Posted by on 15/01/15

Le pouvoir discrétionnaire traditionnellement reconnu aux États en matière d’acquisition et de retrait de la nationalité n’est pas sans limite. Plusieurs principes développés par le droit international et la jurisprudence encadrent cette prérogative étatique : l’obligation d’éviter et de réduire les cas d’apatridie ; l’interdiction de la privation arbitraire de nationalité ; et l’obligation générale de non-discrimination. Des mécanismes de plainte individuelle existent également devant certains organes institués par les principaux traités internationaux de protection des droits de l’homme. Il y a quelques semaines Nea say de Eulogos a publié un article sur le thème de l’apatridie pour mettre en garde contre une pratique irréfléchie en la matière : invisibles du berceau à la tombe, les apatrides ».(cf. infra « Pour en savoir plus ») . Plusieurs organisations internationales et plus particulièrement le HCR ont souligné combien il s’agit d’un problème complexe et délicat et l’émotion face à des évènements douloureux et tragiques ne devait pas faire perdre de vue les exigences du droit international. Cette courte note des services du Parlement européen constitue un point de repère utile.

  La nationalité en droit international
C’est sous l’angle des relations interétatiques et des conflits de lois sur la nationalité que le droit international est intervenu au début du XXème siècle. Dans son célèbre arrêt Nottebohm en 1955, la Cour internationale de justice a défini la nationalité comme le « lien juridique ayant à sa base un fait social de rattachement, une solidarité effective d’existence, d’intérêts, de sentiments jointe à une réciprocité de droits et de devoirs. »

 Lien de rattachement permettant l’exercice de certaines prérogatives étatiques,comme la protection diplomatique, la nationalité confère aussi un statut juridique nécessaire à l’exercice de nombreux droits civils et politiques. La Déclaration universelle des droits de l’homme, suivie en cela par plusieurs autres instruments internationaux et régionaux, établit le droit à la nationalité, ainsi que le droit de ne pas être privé arbitrairement de sa nationalité. Les enfants, ainsi que certains groupes de personnes vulnérables, bénéficient par ailleurs d’une reconnaissance spécifique du droit à la nationalité. Pour autant, le droit international laisse les États libres de déterminer les modalités d’obtention de la nationalité, par la naissance ou la filiation (en vertu des principes de ius soli et de ius sangiunis), ou par la naturalisation. Le principe de non-discrimination en matière de nationalité, inscrit à l’article 5 de la Convention européenne sur la nationalité, n’interdit toutefois pas de manière absolue les traitements différenciés entre ressortissants, selon qu’ils ont acquis la nationalité à la naissance ou a posteriori par un acte de naturalisation.

 La protection contre l’apatridie

Le droit à la nationalité est également régi par les Conventions des Nations Unies de 1954 et de 1961 relatives à l’apatridie. Ces instruments, adoptés afin de clarifier le statut des personnes apatrides et de leur conférer un certain nombre de droits fondamentaux, visent également à prévenir et à réduire les situations d’apatridie dans le monde (plus de 10 millions selon les Nations Unies). La Convention de 1961 sur la réduction des cas d’apatridie établit ainsi le principe général selon lequel une personne ne peut être privée de sa nationalité si cette privation la rend apatride. L’article 8 de cette Convention autorise cependant la

privation de nationalité, même si elle engendre l’apatridie, dans un nombre limité de circonstances. Ces exceptions au principe général recouvrent des hypothèses telles que l’obtention de la nationalité par le biais d’une fausse déclaration ou de tout autre acte frauduleux, ou le comportement de nature à porter un préjudice grave aux intérêts essentiels de l’État. La Convention interdit également toute discrimination d’ordre racial, ethnique, religieux ou politique dans le cadre du retrait de nationalité. Elle exige en outre que des garanties procédurales accompagnent la perte de nationalité, sous peine de la rendre arbitraire.

 Droit international : acquisition et retrait de la nationalité La Convention européenne sur la nationalité

 La Convention européenne sur la nationalité de 1997 énumère de manière plus limitative les hypothèses de déchéance de nationalité aboutissant à l’apatridie, et ne prévoit cette possibilité en son article 7 que dans le cas où la nationalité a été obtenue par le biais de fausses informations ou de conduite frauduleuse. D’autres motifs sont énumérés dans la Convention, comme le comportement portant un préjudice grave aux intérêts

essentiels de l’État, ou l’engagement volontaire dans des forces militaires étrangères, mais ceux-ci ne peuvent fonder une déchéance de nationalité entraînant l’apatridie de la personne visée.

  La privation arbitraire de nationalité

L’interdiction de la privation arbitraire de la nationalité, qui vise à protéger le droit d’en conserver une, est énoncée par la Déclaration universelle des droits de l’homme comme un corollaire du droit à la nationalité. Ce principe général d’interdiction est repris dans de nombreuses conventions internationales et régionales.

Les mesures conduisant à la privation de la nationalité, telles qu’autorisées par le droit international, doivent donc respecter un certain nombre de conditions afin de ne pas être arbitraires :

 a) elles doivent être fondées sur une base juridique claire ;

 b) elles doivent servir un but légitime qui soit conforme au droit international ;

 c) elles doivent être proportionnelles à l’intérêt qu’elles visent à protéger et d) des garanties procédurales doivent être respectées permettant à l’intéressé de faire valoir tous ses moyens de défense devant une instance indépendante.

Par ailleurs, la Commission du droit international a récemment soumis à l’Assemblée générale des Nations Unies un projet d’articles sur l’expulsion des étrangers, abordant en son article 8 la question de la déchéance de nationalité au regard de l’interdiction de la privation arbitraire de nationalité. L’Assemblée générale des Nations Unies a décidé d’examiner lors de sa prochaine session l’opportunité d’élaborer une convention sur cette base. Le Secrétaire général des Nations Unies, dans son rapport « Droits de l’homme et privation arbitraire de la

nationalité » soumis au Conseil des droits de l’homme en 2009, rappelle que « la notion d’arbitraire s’applique à tout acte de l’État, qu’il soit de nature législative, administrative ou judiciaire. La notion d’arbitraire peut être interprétée comme visant non seulement les actes contraires à la loi, mais aussi, plus largement, ceux qui ont un caractère inapproprié, injuste ou même imprévisible. » Les mécanismes de plainte individuelle

Le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies dispose d’une procédure de requête lui permettant de connaître de violations flagrantes et systématiques des droits fondamentaux dans un État donné, indépendamment de l’acceptation d’obligations conventionnelles par le pays concerné. La procédure a lieu en principe à huis-clos, et ne prévoit pas l’indemnisation des victimes présumées.

 D’autres procédures de plainte individuelle existent devant les différents organes créés en vertu d’instruments relatifs aux droits de l’homme. Ces requêtes individuelles sont conditionnées à l’épuisement des voies de recours internes, et peuvent mener à une décision contraignante d’indemnisation des victimes concernées. Le droit à la

nationalité est fréquemment évoqué devant ces instances.

 Jurisprudence

Outre les décisions rendues en matière de nationalité par la Cour internationale de Justice dans l’affaire Nottebohm en 1955, ainsi que par la Cour permanente de Justice internationale en 1923 dans l’affaire des Décrets de nationalité promulgués en Tunisie et au Maroc, la Cour européenne des droits de l’homme et la Cour de Justice de l’Union européenne ont également eu à se prononcer sur les principes encadrant l’autonomie des États en la

matière. La Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ne garantit pas le droit à la nationalité en tant que tel ; néanmoins, la Cour européenne des droits de l’homme a énoncé à plusieurs reprises que les règles étatiques en matière d’acquisition et de perte de nationalité pouvaient porter atteinte au principe de non-discrimination inscrit à l’article 14 de la Convention, ainsi qu’au droit à la vie privée et familiale inscrit à l’article 8 de la Convention. La Cour de Justice de l’Union européenne a quant à elle souligné à diverses occasions que l’exercice par les États membres de leur compétence en matière d’octroi et de retrait de la nationalité pouvait faire l’objet d’un contrôle juridictionnel opéré au regard du droit de l’Union, en particulier au regard du principe de proportionnalité.

Pour en savoir plus :

      -. Invisibles du berceau à la tombe, les apatrides Nea say Novembre 2014 http://www.eu-logos.org/eu-logos_nea-say.php?idr=4&idnl=3337&nea=153&lang=eng&lst=0

      -. Dossier de Eulogos Nea say sur l’apatridie http://www.eu-logos.org/eu-logos_nea-say.php?idr=4&idnl=3393&nea=153&lang=fra&arch=0&term=0

 


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Après Charlie, quelle réponse européenne ?

Posted by on 15/01/15
Emmanuel Morucci La semaine que nous venons de vivre a été éprouvante. Une horrible manière de commencer l’année en fait. Et puis il y a eu cet élan qui, au-delà de la nation a permis l’expression des valeurs fondamentales qui font la France et l’Union européenne. Elles se nomment Démocratie, justice, citoyenneté, liberté, paix et solidarité.

Charlie Hebdo: Show the best of who we are

Posted by on 09/01/15
By Chris Shannon No one wants a tragedy, but it’s happened. We can choose to show the best of who we are or the worst. I choose the former.

Hongrie : sévères critiques de la liberté des médias

Posted by on 29/12/14

Les médias sont soumis à un « cadre juridique inadapté et à des pressions politiques » en Hongrie qui connait également une poussée préoccupante du racisme et de l’intolérance, critique le rapport du Conseil de l’Europe rendu public le 16 décembre dernier.

La Hongrie devrait mieux garantir la liberté des média et la discrimination endémique , et améliorer la protection des droits de l’homme des migrants » a commenté le commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Nils Muizniks.

Malgré des efforts de modération et d’objectivité, les commentaires du commissaire aux droits sont accablants et la presse européenne a exprimé sa forte inquiétude assez unanimement.La liberté de la presse et les droits des minorités restent menacés en Hongrie, malgré certains progrès, affirme le commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, dans le rapport.Nils Muinieks salue les initiatives du gouvernement de Viktor Orban pour amender la loi sur les médias ou mieux réprimer les discours de haine, en réponse aux critiques des institutions européennes, mais estime le bilan insuffisant. « Dans la pratique, la simple existence de certaines dispositions dans la législation hongroise a pour effet de paralyser la liberté de la presse », dit-il.Le commissaire pointe du doigt le niveau très élevé des sanctions qui peuvent être imposées aux médias – jusqu’à 650.000 euros d’amende ou une suspension – en cas d’infraction à la loi, par un organe de contrôle non judiciaire, le Conseil des médias.

Le fait que ses membres soient élus par le Parlement continue à poser problème, dans un pays où le Fidesz, le parti de droite au pouvoir depuis 2010, dispose des deux tiers des sièges à l’Assemblée nationale. Cette situation, « couplée avec ses pouvoirs étendus, fait que le Conseil des médias n’est pas perçu comme indépendant du pouvoir politique », affirme Nils Muinieks.

Les élections législatives d’avril dernier ont été marquées par une nouvelle victoire du Fidesz, confortant Viktor Orban, en dépit des critiques dont il faisait l’objet au niveau national et international, mais aussi par une percée du parti d’extrême droite Jobbik qui a obtenu 21% des voix.

C’est dans ce contexte, que le commissaire du Conseil de l’Europe se dit « préoccupé par la détérioration de la situation concernant le racisme et l’intolérance en Hongrie ». Si le sentiment anti-roms est « le plus répandu », l’antisémitisme reste présent « et s’exacerbe du fait de la crise économique ». Nils Muinieks évoque une initiative du Jobbik qui proposait, en 2012, d’établir d’une liste des membres du gouvernement ayant des racines juives tout en soulignant le caractère désormais très répandu des discours racistes. Le commissaire dénonce également la « discrimination » qui frappe les plus pauvres à travers une loi qui interdit l’occupation de l’espace public aux sans domicile fixe. »La rhétorique stigmatisant les Roms, les juifs, les migrants et d’autres groupes sociaux est employée par des leaders politique, y compris au sein des principales formations », regrette-t-il en invitant les autorités gouvernementales à être plus « vigilantes et proactives pour combattre tous les crimes et discours de haine ».

Malgré tout le pouvoir reste fortement contesté, notamment par la rue et plus particulièrement au moment de la loi sur la taxe Internet, loi qui a dû être retirée.

Pour en savoir plus :

     -. Rapport sur la visite en Hongrie https://wcd.coe.int/com.instranet.InstraServlet?command=com.instranet.CmdBlobGet&InstranetImage=2658043&SecMode=1&DocId=2218468&Usage=2

     -. Dossier Hongrie de Nea say http://www.eu-logos.org/eu-logos_nea-say.php?idr=4&idnl=3334&nea=152&lang=fra&arch=0&term=0

 

 


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Good media relations require a two-way relationship

Posted by on 16/12/14

In an article for the Chartered Institute of Public Relations, Whitehouse Associate Director Alex Singleton explains why spamming journalists with press releases doesn’t work.

To read Alex’s article, please click here.

The Whitehouse Consultancy is one of Europe’s leading public affairs and communications agencies.

Human Rights Day: occasion to celebrate or push to continue fighting?

Posted by on 10/12/14

 “Do not do to others what you would not like to be done to you”

On the 10th of December 1948 the General Assembly adopted the UN Universal Declaration of Human Rights in order to let know the world that every human being has some rights which are inalienable, irrespective of their “race, colour, sex, language, religion, political or other opinion, national or social origin, property, birth or other status” (Art. 2).

Today, 66 years later, we cannot say that rights enshrined in this document, called also the “Magna Charta for all humanity”, are a reality everywhere in the world. What we can affirm is that we have made a long way since 1948. Today there are plenty of international treaties, declarations, conventions, international and regional courts and tribunals which have given life to a wide culture of human rights. Among these instruments we shall remember the 1966 two International Covenants on Economic, Social and Cultural Rights and on Civil and Political Rights and the 1984 Convention against Torture. At regional level we have the European Convention of Human Rights in Europe but there are similar systems also in other areas, such as Africa and America. These instruments and regimes have been implemented at national level by the majority of States, although there is still much to do, since States are free to decide whether or not to be part of them.

It is difficult to talk about achievements reached in this field now, when revelations on torture committed by the CIA have shaken the public opinion and when human rights are systematically violated in many areas of the world. Furthermore, universality of human rights is being challenged by the theory of cultural relativism which considers that human rights are different from society to society. Hence there are States and religious groups which refuse to comply with international standards because they claim that these are only a product of western culture and individualism while they prefer to apply a different view of human rights according to which individual interest is second to the interest of the community.

Considering these huge challenges, can we still consider that the doctrine of human rights is universal?

I think the only possible answer is YES. Probably there are people who disagree with me but it is their right to do so. The truth is that no person likes or desires to be deprived of its life, to be held in slavery, to be tortured or raped, to be discriminated, to suffer from starvation or live in bad health and without access to education or to be reduced in silence and be deprived of the right to choose. This is a constant characteristic of all human beings and these are rights envisaged by the Universal Declaration.

Of course there are limitations required in some cases but still there are some rights which should not be negotiable, no matter what. Culture is important, we all born and live in our societies which differ from the each other. Difference is envisaged by the doctrine of human rights but we cannot let it become the excuse for gross violations of the very same rights we seek to protect.

Cultural relativism is not a negative concept, it becomes so when it is used by those who want to continue exercising their power over other people by the means of fear, threat and oppression. If the culture of human rights is not universal and has nothing to do with their people and societies, then why are they so afraid of it? Why do they fight it so hardly? Why do they do everything to prevent their people from entering in contact with these ideas? The answer is that they fear that people can realise that their desire to live free from oppression and persecution is absolutely natural and embedded into every human being.

What has changed now is the existence of the public opinion at international, transnational and national levels which acts according to this culture of human rights and which will not accept to remain silent when violations occur. If people come together from different corners of the Earth and condemn these violations, with no one pushing them to do so and with no personal benefit, than this is clearly a sing that human rights not only exist but they are universal.

We have many reasons to celebrate today, if we think about past atrocities, but we also have to continue working towards the respect of human rights worldwide, not because we want to “export democracy”, but because we feel that victims have the right to put and end to their situation of oppression, persecution and discrimination.

(Ana Daniela Sanda)

To know more:

Universal Declaration of Human Rights http://www.un.org/en/documents/udhr/

International Covenants on Economic, Social and Cultural Rights and on Civil and Political Rights UN http://legal.un.org/avl/ha/icescr/icescr.html

UN Convention against Torture http://www.hrweb.org/legal/cat.htmlEuropean Convention of Human Rights of the Council of Europe http://www.echr.coe.int/Documents/Convention_ENG.pdf


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