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A l’heure où l’Union européenne (UE) prépare une série de réunions d’urgence visant à prendre des mesures pour faire face à la crise actuelle des réfugiés et des migrants, M. Guterres a déclaré dans un communiqué de presse que la situation exige « un gigantesque effort commun impossible à réaliser avec l’approche fragmentée actuelle ».

L’Europe est confrontée à un afflux massif de réfugiés, tel qu’elle n’en avait pas connu depuis des décennies, a rappelé le Haut-Commissaire, précisant que plus de 300.000 personnes ont risqué leur vie pour traverser la mer Méditerranée en direction de l’Europe rien qu’en 2015.

« Plus de 2.600 d’entre eux n’ont pas survécu à cette traversée dangereuse, y compris le petit Aylan, âgé de trois ans, dont la photo a bouleversé l’opinion publique mondiale », a déploré M. Guterres, en référence au choc provoqué par la diffusion dans la presse mondiale de la photographie du corps sans vie, échoué sur une plage turque, d’Aylan Kurdi, cet enfant syrien qui fuyait la guerre avec sa famille.

Après leur arrivée sur les côtes et les frontières de l’Europe, les migrants et réfugiés continuent leur voyage, confrontés au chaos et subissant l’indignité, l’exploitation et le danger aux frontières et le long du chemin, a dénoncé le Haut-Commissaire.

« La générosité désintéressée des citoyens privés et des organisations de la société civile en vue d’accueillir et d’aider les nouveaux arrivants est une véritable source d’inspiration », a-t-il cependant souligné. « Sans oublier le leadership politique et moral exemplaire d’un certain nombre de pays ».L’attitude de l’Allemagne et de sa chancelière Angela Merkel est ici clairement visée !

Mais dans l’ensemble, l’Europe n’a pas réussi à trouver une réponse commune efficace, et les gens continuent d’en souffrir, a constaté M. Guterres, avant d’énoncer un certain nombre de points fondamentaux à l’attention des pays européens.

« Il s’agit principalement d’une crise de réfugiés, et non pas seulement d’un phénomène de migration », a tout d’abord précisé le Haut-Commissaire. Dans la mesure, a-t-il dit, où la grande majorité de ceux qui arrivent en Grèce proviennent de zones de conflit comme la Syrie, l’Iraq ou l’Afghanistan, ils ont droit à une protection en tant que réfugiés du point de vue du droit international.

La seule façon de résoudre ce problème pour l’Union européenne et tous ses États membres est de mettre en œuvre une stratégie commune, fondée sur la responsabilité, la solidarité et la confiance, a ensuite souligné M. Guterres. Tous les Etats membres sont visés, y compris donc la Hongrie et les pays dits de Visegrad.

Selon lui, la première mesure collective à mettre en œuvre de toute urgence est de débloquer les ressources nécessaires pour la réception, l’assistance et l’identification des réfugiés, principalement en Grèce, en Hongrie, mais également en Italie. Les personnes considérés comme pouvant légitimement prétendre à une protection doivent bénéficier immédiatement de programmes de réinstallation massifs, a estimé le Haut-Commissaire, tout en préconisant la création d’au moins 200.000 places supplémentaires dans tous les Etats de l’UE. Ce chiffre reste sensiblement supérieur à celui généralement avancé (12000 voire 160000 places), mais nous ne sommes plus dans l’ordre de grandeur annoncé au début de l’été.

Ceux considérés comme ne pouvant pas légitimement prétendre à une protection doivent être le plus vite possible reconduits dans leurs pays d’origine, dans le respect de leurs droits humains, a-t-il ajouté.

« Les pays européens, ainsi que les gouvernements dans d’autres régions du monde, doivent réaliser des changements fondamentaux pour permettre une réinstallation plus importante et élargir les quotas d’admission humanitaire, les visas et les programmes de parrainage, les bourses et les autres façons d’entrer légalement en Europe », a déclaré le M. Guterres.

« L’Europe est confrontée à un moment de vérité », a déclaré M. Guterres. « Le temps est venu de réaffirmer les valeurs sur lesquelles elle s’est construite ». Il reprend plus ou moins les mots de principales autorités européennes et au premier rang ceux de Angela Merkel.


Classé dans:Actualités, conditions d'accueil des réfugié_s, DROITS FONDAMENTAUX Author :
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