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7008_1La période s’annonce turbulente pour la zone euro et pour l’Union européenne en raison de la brutale interruption par le gouvernement grec des négociations avec ses partenaires et pas seulement ses créanciers. La stratégie est étonnante. Bien sûr, nous savions que le ministre des finances grec Yanis Varoufakis était atypique. Ancien conseiller de l’ancien Premier ministre Papandréou il avait rapidement démissionné. Il est souvent critiqué dans les milieux économiques et universitaires internationaux. Mais personne n’imaginait que cet adepte de la théorie des jeux irait aussi loin dans la mise en difficulté de son pays. L’homme se définit comme marxiste libertaire. On voit bien dès lors son opposition à l’Union européenne et tout ce que celle-ci représente. Cela été le jeu de dupes mené par les Grecs ces derniers mois. D’ailleurs le ministre Tsipras a défendu, y compris par la fuite en avant, la voie ouverte par Varoufakis. L’idée d’un referendum sans vraie question marque le fait que ce gouvernement ne peut et ne veut gouverner la Grèce. Est-ce la stratégie ? Ou bien ce positionnement en cache-t-il une autre ? Celle d’une ouverture vers la Russie de Monsieur Poutine qui recherche un affaiblissement de l’Union européenne.

Dans la crise russo-ukrainienne, le premier ministre Tsipras s’est immédiatement prononcé contre l’embargo européen. De même, dans l’espérance d’un effacement de la dette de son pays et le départ programmé de façon unilatérale de l’UE, ainsi qu’envers la Russie pour une alternative économique de développement. L’annonce de la construction d’un gazoduc en est, à mon sens, un exemple. Mais attention, car à la théorie des jeux, le Président russe et un aussi maître en la matière et il y a toujours un prix à payer…

On comprend dès lors la rancoeur du Président de la Commission européenne qui se sent trahi. C’est aussi le sentiment des Chefs d’états et de gouvernement de l’ensemble de la zone euro. Mais restons calmes, le départ de la Grèce ne signifie pas la fin de la relation entre l’UE et ce pays. Reste que le référendum de dimanche donnera une orientation de la pensée du pays. Les Européens en tireront les conséquences. Et peut-être Tsipras devra-t-il démissionner.

Du côté des Européens, l’idée d’une zone euro gouvernée de façon fédérale fait son chemin. En Europe mais aussi, à lire le Washington post, ailleurs dans le monde. En effet, il est clair que pour fonctionner, la zone euro a besoin d’une vraie autorité politique et du pouvoir. Nous sommes arrivés au bout de l’expérience originale d’une zone monétaire sans pouvoir politique et sans gouvernement.

L’Union européenne doit aller plus loin. L’Europe des Etats-nations semble avoir vécu. Il va falloir que les Chefs d’états et de gouvernement l’acceptent et organisent différemment les instituions décisionnelles de l’Union. Peut-être de manière plus resserrée.

 

 

 

 

 

 

 

 

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