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836338La transition énergétique est l’un des sujets dont on entend le plus parler depuis l’élection de François Hollande en 2012. Le projet de loi, maintenant porté par Ségolène Royal, a mis plus de deux ans à être présenté à l’Assemblée Nationale. Alors que la transition énergétique européenne semble enclenchée, la France parait être en retard sur certains points.

Un blocage politique en France

Nouvelle preuve que la transition énergétique est difficile à atteindre en France, la commission mixte paritaire (CMP) composée de sept députés et de sept sénateurs s’est réuni le 10 mars dernier pour tenter d’arriver à un compromis sur le projet de loi sur la transition énergétique, en vain. Le plus gros problème pour le gouvernement est politique. En effet d’un côté nous avons l’Assemblée nationale, majoritairement de gauche, et de l’autre le Sénat, majoritairement à droite. Ces deux instances ont d’ailleurs voté des versions très différentes de ce projet de loi.

La ministre de l’Écologie comptait beaucoup sur cette CMP pour faire converger les positions des deux chambres. L’un des points de désaccord les plus importants porte sur la mention de l’échéance de 2025 pour la réduction de 75 % à 50 % de la part de l’électricité d’origine nucléaire dans le mix énergétique total. Cette mesure était une des propositions phares du candidat Hollande à la présidentielle de 2012. Logiquement ce point précis est voulu par les députés mais pas par les sénateurs.

Le texte doit maintenant revenir en deuxième lecture devant les députés puis devant les sénateurs. Finalement, comme cela est prévu dans la Constitution, le vote définitif sera dans les mains des députés qui auront alors le dernier mot et pourront donc, s’ils le souhaitent, réintroduire l’horizon de 2025 pour la baisse du poids du nucléaire. Beaucoup d’associations environnementales se sont d’ailleurs dites prêtes à attendre plus longtemps pour avoir cette mesure dans la loi plutôt que de voir un compromis au rabais.

Une Europe en avance sur ses objectifs

En Europe la situation est plus avancée qu’en France. L’Union européenne est bien partie pour tenir les objectifs fixés pour 2020 et elle vient d’ailleurs d’en adopter des plus ambitieux pour l’horizon 2030. Notons qu’à la fin 2012, l’Europe affichait déjà de très beaux résultats puisqu’elle avait réduit de 19 % ses émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990 et baisser sa consommation d’énergie de 7 % par rapport à 2005.

Bruxelles parait même en avance sur certains points comme par exemple ce qui concerne la part des énergies vertes dans la consommation brute d’énergie finale. En 2012, cette part atteignait déjà 14 %. En 2013 elle est montée à 15 %, une croissance qui laisse à penser que l’objectif de 20 % pour 2020 sera surement dépassé. Rappelons qu’en 2004, les énergies vertes représentaient seulement 8,4 % de la consommation brute d’énergie.

Le constat est très simple : en Europe la transition énergétique est plus rapide que dans l’Hexagone. Le plus frustrant est que l’envie de mettre cette transition en place en France est bien présente, mais des considérations politiques allongent le processus. Espérons que nos élus sauront mettre cela de côté pour une loi qui relève plus du bien commun que de la politique politicienne.

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