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pharmacyAu même titre que la lutte contre les habitudes alimentaires, contre l’exposition à certains facteurs de risque environnementaux ou contre les addictions, la politique de santé doit désormais prendre en compte le développement du sport ou d’activités physiques à tous les âges.

Les pathologies liées à la sédentarité constituent aujourd’hui la première cause de mortalité évitable dans le monde selon l’OMS. Dans notre société , l’exercice physique est de moins en moins associé aux activités professionnelles et aux déplacements de la vie quotidienne. La dépense énergétique des individus est limitée par le travail sédentaire et par les activités récréatives passives (télévision, internet, jeux vidéo).

Si 45 % des Français ont exercé dans la semaine passée une activité minimale entraînant des bénéfices pour la santé (plus de 10 minutes par jour), 42 % se situent en dessous de 10 minutes. Les enfants, les adolescents et les jeunes adultes pratiquent plus que leurs aînés, les garçons plus que les filles. Toutefois, en France, seulement 11 % des filles et 25 % des garçons ont une activité physique conforme aux recommandations.

Les conséquences d’une activité physique et sportive adaptée sur la santé ne sont plus à prouver. Les chiffres sont éloquents. Dans le cadre du traitement du cancer du sein, les APA (activités physiques adaptées) permettent de contrebalancer la toxicité du traitement principal et la fatigue, d’améliorer la résistance à la maladie et d’accroitre de plus de 50 % l’espérance de survie. Il en est de même pour le cancer du colon ou de la prostate, avec une réduction de la mortalité de 49 % à 61 %. Dans le cadre du traitement du diabète ou des maladies cardiovasculaires, ces APA ont également un impact important sur le taux de glycémie ou l’hypertension artérielle et permettent de limiter d’autant le traitement médicamenteux tout en améliorant le bien être des patients. La pratique d’une activité modérée (au moins 20 minutes trois fois par semaine) ou d’une activité intense (au moins 3 heures par semaine) diminue ainsi de 30 % le risque de mortalité prématurée. Elle joue un rôle fondamental pour éviter le gain de poids et elle réduit le risque de certains cancers (colorectal, sein, endomètre, poumon, prostate). Il est également montré que la qualité de vie des malades chroniques se trouve améliorée, ainsi que celle de certaines catégories de handicaps, lorsque l’accompagnement est satisfaisant.

 

Or, dans un rapport d’avril 2011, la Haute Autorité de Santé constatait que la France accusait un retard certain dans le développement des thérapeutiques non médicamenteuses comme la prescription d’activités physiques adaptées pour les patients en cours de traitement ou en phase de consolidation ou de rémission.

 

Le projet de loi Santé de Marisol Touraine examiné en ce moment à l’Assemblée nationale, n’incluait jusqu’à présent, à aucun moment la notion d’activité physique et sportive.

De nombreux amendements ont été déposés. Ainsi n°917ème portant sur la prescription médicale du sport (ou « sport sur ordonnance »), déposé par Valérie Fourneyron (ancienne ministre des sports) et cosigné par 3 députés PS (Brigitte Bourguignon (Pas-de-Calais), Pascal Deguilhem (Dordogne) et Régis Juanico (Loire), vient d’être adopté à la quasi unanimité.

 

Cet amendement va permettre à des médecins de prescrire du sport à des personnes qui souffrent d’affections longue durée avérées (diabète, cancers, maladies cardio-vasculaires) pour que ces dernières soient prises en charge dans des structures spécialisées et labellisées. Pour l’instant seuls les patients atteints de pathologies chroniques avérées seraient concernés.

 

Sport et Citoyenneté se félicite de cette avancée puisque le think tank travaille sur cette thématique depuis de nombreuses années déjà.

 

Exemple : Tribune du 27 mars dernier publié sur Le Monde, intitulée « Loi de santé : peut-on se passer de l’activité physique ? »

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