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Chaque pays a sa culture politique propre, ses habitudes institutionnelles, sa manière de prendre des décisions, etc. et met en oeuvre l’exercice de l’autorité comme de la réalisation de ses politiques. Il en va de même pour l’Union européenne qui dispose d’un système institutionnel très élaboré qui a été validé par les États membres et par les Parlements nationaux par la ratification de traités. Parfois aussi ce fut le cas par les citoyens eux-mêmes, comme lorsqu’ils ont voté pour le Traité instituant l’Union européenne, c’est à dire le Traité de Maastricht.

Bien sûr, dans tous les pays les responsables politiques s’affrontent et font du prosélytisme. Dans cette perspective, il est intéressant de décortiquer le discours des hommes du pouvoir. Bien entendu, ceux-ci portent haut et fort une idéologie, et se donnent pour mission de convaincre des électeurs afin de gagner le plus grand nombre de voix.

Ainsi, j’écoutais ces jours-ci le porte-parole du Front national Monsieur Philippot. Ce dernier semble faire commerce d’une attitude qu’auraient, au Parlement de Strasbourg, le parlement européen, les députés français de l’UMP et du PS. Ils voteraient, selon lui, ensemble à 90 % les textes de loi et directives.

À la première analyse, ce chiffre annoncé est faux puisque les députés incriminés votent ensemble (seulement si je puis dire) environ 75% des textes. ceci est déjà beaucoup. Et même parfois  avec les apports de voix du Front national lui-même, mais aussi des écologistes et des centristes ou encore des communistes.

L’idée entendue dans la bouche du leader frontiste est : « tous les mêmes, il y a collusion entre les député de gauche et de droite », ce qu’il appelle « lUMPS ».

Alors, collusion ? Non. on ne peut utiliser ce vocable. Ce que est vrai c’est que nombre de textes européens sont validés par des députés européens de tendances diverses. Cela vient du fait que la culture organisationnelle au Parlement européen n’a que peu de choses à voir avec la manière qu’a de travailler l’Assemblée nationale française.

La culture politique en France est celle de l’affrontement et de la confrontation. Pour qu’un projet politique existe il ne peut sortir que d’un choc, d’une opposition, entre la droite et la gauche. Et la majorité doit l’emporter. On retrouve d’ailleurs le même système de fonctionnement en ce qui concerne  le dialogue social entre patronat et syndicats avec la participation de l’État.

Au niveau européen, les choses se passent différemment. pas forcement plus simplement. Mais la culture est autre. La manière de faire est celle de l’exposé des faits, de la négociation, de la recherche de la meilleure solution et donc du consensus. On ne va pas à l’affrontement d’emblée, on recherche les solutions susceptibles de satisfaire le plus grand nombre. Et puis on vote sur un texte élaboré en commun. C’est le principe de la grande coalition.

C’est ce qui explique que l’attitude européenne, inspirée des pratiques anglo-saxonne et du nord de l’Europe, permette l’élaboration de directives européennes plus facilement intégrées aux droits nationaux. Et dans ce domaine, quoi qu’en dise Monsieur Philippot, même les élus du Front national travaillent de cette manière et votent nombre de directives européennes. Quitte à les contester ensuite sur la scène politique française. Mais en ce domaine Monsieur Philippot et le FN ne sont pas les seuls.

 

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