EU opinion & policy debates - across languages | BlogActiv.eu

Les systèmes de transport intelligents (STI) sont une énième vitrine pour l’exportation française. Basés sur une communication et une information optimales, ils concourent à la mobilité de demain, pour des retombées environnementales et économiques positives.

L’heure est à l’intelligence ; pas celle des hommes – quoique – mais celle de l’objet. L’inanimé tend, depuis des dizaines d’années, à devenir un moyen alternatif à l’action de l’homme. La robotique industrielle se développe dès les années 2000 ; les villes du futur commencent à émerger à partir de réseaux électriques interconnectés grâce à l’informatique et au digital. Bientôt, c’est au service de la mobilité que se mettra l’intelligence technologique. La guerre larvée que se livrent les géants industriels – américains surtout – pour mettre en piste leur prototype de la voiture autonome est révélateur : dans un mode où se mouvoir est devenu une obligation, plus qu’une possibilité, les transports sont soumis à de profonds bouleversements. A la clé : une place de choix sur un marché économique balbutiant mais assurément prometteur. Une chance pour la France, plutôt en pointe sur les transports intelligents.

Le plan « mobilité 2.0 » : une volonté politique forte

Les avancées tricolores en la matière avaient d’ailleurs fait l’objet d’un rapport du ministère de l’Ecologie et du Développement Durable en août 2014 – « mobilité 2.0 : une stratégie nationale pour les transports intelligents ». Une directive européenne de 2010 – pour le déploiement des STI – enjoignait aux Etats membres de présenter leurs actions pour accélérer le déploiement des STI. Ces derniers sont à l’origine du développement de nouvelles formes de mobilité, fondées sur les technologies de l’information et de la communication (TIC). Plus cette information, qu’il s’agisse de l’origine ou de la destination d’un trajet, sera précise et intégrée, et plus le développement d’une politique de transport multimodale pourra se développer. Il s’agit, ce faisant, de privilégier des moyens alternatifs à la route ou aux véhicules particuliers, comme le train ou le covoiturage par exemple.

Les usagers des transports, quant à eux, sont appelés à jouer un grand rôle dans le développement de ces politiques multimodales : grâce à la communication de leurs besoins en temps réel, ils participent activement à la mise en place d’une nouvelle politique des transports. Celle-ci, basée sur les TIC de la mobilité, a entre autres pour vocation de préserver l’environnement des atteintes actuellement subies à cause des déplacements. Les STI doivent servir à collecter les données relatives aux impacts environnementaux de la mobilité, les transférer aux usagers qui adopteront en conséquence un comportement plus vertueux. Pour cette raison, Bruxelles impose aux Etats membres de rendre optimale l’utilisation des données relatives à la route, à la circulation et aux déplacements.

Un savoir-faire français reconnu à l’international

Mais les STI englobent également la gestion intelligente du trafic routier, les télépéages et les véhicules communicants ; tout un ensemble d’innovations qui appellent un potentiel économique certain et, in fine, une croissance espérée dans les prochaines années. La France, néanmoins, n’en est pas à son coup d’essai : ses entreprises développent la filière des STI depuis les années 1970 ; les feux de circulation et les premiers métros automatiques font partie des grandes innovations de l’époque. C’est d’ailleurs cette technologie que la Régie autonome des transports parisiens (RATP), pilotée par Pierre Mongin, exporte un peu partout dans le monde, de la Chine aux Etats-Unis, en passant par l’Arabie saoudite dernièrement. Aujourd’hui, la maitrise des technologies du transport intelligent par les acteurs français est reconnue à l’international. La France profite ainsi de sa renommée, mais également de la nécessaire modernisation de leurs équipements pas
certains pays, pour exporter son savoir-faire. C’est le cas en Russie, par exemple, où l’organisation de la prochaine coupe du monde de football oblige les autorités à mettre en place des infrastructures de transports efficientes. Sur les 38 milliards d’euros d’investissements prévus jusqu’à cette année, 55 % étaient dévolus aux STI.

Comme tout secteur d’avenir, celui de la mobilité intelligente promet ainsi des rentrées financières certaines pour les entreprises qui y prennent part. La France l’a compris et épaule depuis quelques années son tissu entrepreneurial – PME ou ETI – ; l’Agence française pour le développement international des entreprises (Ubifrance) et son réseau de 1 400 collaborateurs dans le monde, accompagnent les PME/ETI à l’export. En 2014, l’établissement public sortait une étude d’expertise sur les potentialités de six grands pays – dont le Brésil et la Russie – et donnait les clés nécessaires aux entreprises françaises pour les aborder.

De manière plus directe, la France a la volonté politique forte d’encourager le développement des STI – en interne et à l’international –, comme en témoigne le plan « mobilité 2.0 » du ministère de l’écologie. Celui-ci s’inscrit d’ailleurs parfaitement dans le grand chantier écologique qu’est la transition énergétique en devenir. Là aussi pour des retombées environnementales, mais également économiques, positives.

Author :
Print
EurActiv Network