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La rencontre de Minsk représentait la dernière chance disait François Hollande. L’initiative qu’il a pris avec madame Merkel, l’un et l’autre chef d’état et de gouvernement de deux grands pays européens est remarquable. Leur objectif est de faire accepter par les belligérants ukrainiens et pro-russes, un processus de cessez le feu et de paix. On ne va surtout pas bouder notre plaisir de voir ces deux dirigeants s’engager à ce point pour défendre la paix. D’autant que la menace de guerre totale est réelle en Europe et que tout doit être tenté pour l’éviter. Et, si l’on en croit le président Hollande le compromis reste bien fragile. Mais, si l’on peut se réjouir du travail diplomatique on peut se demander pourquoi seuls ces deux dirigeants se sont impliqués ? On a même l’impression que le tandem est parti sans attendre les autres et que l’UE ne compte que pour pas grand chose en dehors des sanctions économiques prononcées.

Plusieurs questions se posent. Madame Merckel et monsieur Hollande sont-ils allé à Kiev, Moscou et Minsk en tant que chancelière de l’Allemagne et président de la France? Auquel cas s’ils affirment une union étroite du moteur franco-allemand mais ils portent  aussi le message que la politique étrangère de chacun de ces  deux état membres est première parmi les autres et que la dimension européenne est bien loin d’être une puissance.

Autre possibilité, les deux dirigeants sont mandatés par le Conseil européen et donc par l’ensemble des chefs d’état et de gouvernement. Peut être mais sans doute pas. Car il appartenait alors à la Haute Représentante au Affaires étrangères Madame Federica Mogherini, membre du Conseil européen et également vice présidente de la Commission européenne sinon de mener au moins de participer aux négociations.  Cela amène une question fondamentale :  celle de la crédibilité de l’Union européenne dans le jeu diplomatique. Peut-elle être, dans cette situation, aussi absente qu’elle ne l’était là l’époque où madame Aston occupait la fonction ? ou lorsqu’un vice président américain cherchait le numéro de tel de l’Europe?

Rappelons que si chaque Etat membre dispose en souveraineté de sa propre politique étrangère et de défense – avec deux pays disposant d’une force de dissuasion , la France et le Royaume-uni, la compétence en matière de politique étrangère et de défense revient depuis le traité de Maastricht à l’Union européenne et le traité de Lisbonne en à mis en oeuvre le dispositif.

La crise russo ukrainienne fait donc, selon les mots mêmes du président français, peser le risque de guerre. L’union européenne apparait comme effacée. Le président de la Commission Jean Claude Junker est pourtant aux manettes. Il se positionne dans le cadre d’une Europe politique au sein de laquelle s’élabore la politique étrangère et de sécurité commune (PESC) et la politique de sécurité et de défense commune (PSDC). Ce sont des éléments déterminant.

Entre l’Union européenne qui a développé une politique européenne de sécurité et de défense commune (PSDC), l’Alliance atlantique (l’OTAN) et les différents Etats européens, il est parfois difficile de démêler qui fait quoi et comment ? Il est temps que l’action soit clairement identifiée et que l’information circule afin que les citoyens y comprennent quelque chose, d’autant que nous sommes tous directement concernés et que l’Europe a besoin de reconquérir les coeurs.

 

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