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Le peuple grec, souverain, à fait le choix de son nouveau gouvernement et à porté le radical socialiste Alexis Tsipras à sa tête. Le nouveau premier ministre s’appuie sur une alliance avec l’extreme droite souverainiste et campe sur une position intransigeante. Ces partis ne sont pas proeuropéens et réaffirment même leur hostilité a toute forme de fédéralisme. Autant dire que le maintien dans la zone euro voire même dans l’Union européenne est peut être compromis. La composition du gouvernement présente également quelques surprises notamment la nomination au poste de ministre des finances du très atypique économiste Yanis Varoufakis. Rien que l’annonce de son entrée ai gouvernement a fait chuter la bourse d’Athene de 6 points.

Le nouveau ministre des finances, connu pour avoir conseillé l’ancien premier ministre socialiste Papandréou, est l’auteur du programme économique et social du parti arrivé en tête. C’est à lui qui entend renégocier les intérêts grecs devant les instances européennes et devant chacun des états-membres. il souhaite une solution viable et mutuellement interessante. Si la Commission écoutera bien sûr et aidera qu’en sera-t-il des chefs des états membres qui ont payé et qui attendent un retour ? N’oublions pas que dans l’UE les relations intergouvernatales prédominent en l’absence d’un Etat fédéral.

Il faut dire que les promesses ont été nombreuses. Trop sans doute pour être crédibles : augmentation des salaires, des retraites, du  nombre de fonctionnaire et surtout le refus de régler la dette du pays, espérant un effacement partiel ou total.

De leur côté les Européens,  s’ils comprennent et ne veulent rien casser, ne veulent rien lâcher non plus. et ils ont raison. L’Union est certes basée sur la solidarité mais aussi sur la confiance.  l’effort d’aide a déjà été fait. Plus de 200 milliard d’euros auxquels s’ajoutent 100 milliard  abandonnés par des banques privées.

L’effort de redressement doit être maintenu. D’autant plus, et cela les Grecs n’ont pas voulu le voir, l’action de l’UE, du FMI et de la BCE en accord avec les gouvernements commence a porter réellement ses fruits.

Alors oui bien sûr les Grecs ont soufferts.Ils se sont serré la ceinture. Ils ont faim et soif d’avenir. On comprend très bien leur envie de sortir d’une situation qu’ils considèrent comme intenable. Ils veulent croire au miracle et ont voté. Mais ce désir de changement n’a t il pas voilé leur capacité d’analyse ? Espérons que cela n’était pas un mirage.

Car il faut redescendre sur terre. Dans son désir de séduction Tsipras a été très loin dans la démagogie. La question est maintenant comment va-t-il faire ? Le pays n’a pas d’argent et l’annonce du refus de régler la dette n’engage personne à lui en prêter de nouveau. Il va lui être difficile d’en trouver. Car il ne s’agit pas seulement de la dette passée mais aussi surtout du financement de la dette à venir.  Ses promesses coutent au bas mot 19 milliard d’euros. Où va t il trouver cet argent ? Il ne s’agit plus de mentir pour séduire mais dire la vérité au pays. Car au mieux, seule la dette sera étalée et remboursable sur 50 ans au lieu des 3à actuels. Mais, autre question, est sérieux pour un gouvernement de transmettre un tel héritage?

Le temps de la campagne est passé. Le temps politique est venu pour Alexis Tsipras réaliser, de concrétiser ses promesses. L’Europe a sauvé la Grèce une fois de la faillite. Elle n’est pas prête a se réengager sans que le pays ne fasse beaucoup d’efforts. Sans quoi le risque est grand de s’acheminer vers un choc des opinions publiques. Et alors là………

 

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