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Les médias sont soumis à un « cadre juridique inadapté et à des pressions politiques » en Hongrie qui connait également une poussée préoccupante du racisme et de l’intolérance, critique le rapport du Conseil de l’Europe rendu public le 16 décembre dernier.

La Hongrie devrait mieux garantir la liberté des média et la discrimination endémique , et améliorer la protection des droits de l’homme des migrants » a commenté le commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Nils Muizniks.

Malgré des efforts de modération et d’objectivité, les commentaires du commissaire aux droits sont accablants et la presse européenne a exprimé sa forte inquiétude assez unanimement.La liberté de la presse et les droits des minorités restent menacés en Hongrie, malgré certains progrès, affirme le commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, dans le rapport.Nils Muinieks salue les initiatives du gouvernement de Viktor Orban pour amender la loi sur les médias ou mieux réprimer les discours de haine, en réponse aux critiques des institutions européennes, mais estime le bilan insuffisant. « Dans la pratique, la simple existence de certaines dispositions dans la législation hongroise a pour effet de paralyser la liberté de la presse », dit-il.Le commissaire pointe du doigt le niveau très élevé des sanctions qui peuvent être imposées aux médias – jusqu’à 650.000 euros d’amende ou une suspension – en cas d’infraction à la loi, par un organe de contrôle non judiciaire, le Conseil des médias.

Le fait que ses membres soient élus par le Parlement continue à poser problème, dans un pays où le Fidesz, le parti de droite au pouvoir depuis 2010, dispose des deux tiers des sièges à l’Assemblée nationale. Cette situation, « couplée avec ses pouvoirs étendus, fait que le Conseil des médias n’est pas perçu comme indépendant du pouvoir politique », affirme Nils Muinieks.

Les élections législatives d’avril dernier ont été marquées par une nouvelle victoire du Fidesz, confortant Viktor Orban, en dépit des critiques dont il faisait l’objet au niveau national et international, mais aussi par une percée du parti d’extrême droite Jobbik qui a obtenu 21% des voix.

C’est dans ce contexte, que le commissaire du Conseil de l’Europe se dit « préoccupé par la détérioration de la situation concernant le racisme et l’intolérance en Hongrie ». Si le sentiment anti-roms est « le plus répandu », l’antisémitisme reste présent « et s’exacerbe du fait de la crise économique ». Nils Muinieks évoque une initiative du Jobbik qui proposait, en 2012, d’établir d’une liste des membres du gouvernement ayant des racines juives tout en soulignant le caractère désormais très répandu des discours racistes. Le commissaire dénonce également la « discrimination » qui frappe les plus pauvres à travers une loi qui interdit l’occupation de l’espace public aux sans domicile fixe. »La rhétorique stigmatisant les Roms, les juifs, les migrants et d’autres groupes sociaux est employée par des leaders politique, y compris au sein des principales formations », regrette-t-il en invitant les autorités gouvernementales à être plus « vigilantes et proactives pour combattre tous les crimes et discours de haine ».

Malgré tout le pouvoir reste fortement contesté, notamment par la rue et plus particulièrement au moment de la loi sur la taxe Internet, loi qui a dû être retirée.

Pour en savoir plus :

     -. Rapport sur la visite en Hongrie https://wcd.coe.int/com.instranet.InstraServlet?command=com.instranet.CmdBlobGet&InstranetImage=2658043&SecMode=1&DocId=2218468&Usage=2

     -. Dossier Hongrie de Nea say http://www.eu-logos.org/eu-logos_nea-say.php?idr=4&idnl=3334&nea=152&lang=fra&arch=0&term=0

 

 


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