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Triton: le voilà!

CARTE D’IDENTITÉtriton

Nom Frontex

Prénom Triton

Date de naissance 1 novembre 2014

Lieu de Naissance Méditerranée Centrale

Nationalité opération conjointe, Européenne

Poids €2.9 millions par mois (Fonds pour la sécurité intérieure, budget Frontex. Une augmentation du budget est prévue selon l’accord budgétaire, entre le Parlement Européen et le Conseil de l’Union, pour l’année 2015).

Composition : Triton, comme Frontex, s’appuie sur les ressources humaines (65 officiers invités, par mois) et techniques (4 aéronefs, 1 hélicoptère, 4 navires de haute mer, 1 navire de patrouille côtière, 2 bateaux de patrouille côtière) mises à dispositions des états participants, sur base volontaire.

Objectif : contrôle effectif des frontières ; assistance aux personnes ou aux navires en détresse, dans le cadre de ses opérations.

Règles Triton agit selon ce que dispose le règlement Frontex, en plein respect du droit international et de l’UE, notamment des droits fondamentaux et du principe de non-refoulement.

Généalogie : Triton se substitue aux deux opérations conjointes Aeneas et Hermes (Frontex) intervenues précédemment en soutien des autorités italiennes. Contribution financière de €1.8 million à Mare Nostrum, sous le Fonds pour les frontières extérieures de l’UE.

Note de précision : Triton offre un support au gouvernement italien qui doit garantir l’accomplissement de ses engagements européens et internationaux (Code Frontières Schengen, Charte des Droits Fondamentaux, Convention SAR, SOLAS, et les résolutions de l’OMI).

 

Déclarations:

Angelino Alfano, Ministre des Affaires Intérieures:

D’après les déclarations au dernier Conseil des ministres italien, reportées par l’agence ANSA, le baptême de Triton marque l’enterrement de Mare Nostrum. Il se félicite des résultats de l’opération, jusqu’à annoncer : ‘Si il n’y avait pas eu la mission Mare Nostrum il n’y aurait pas une nouvelle opération de Frontex’.

Le ‘travail extraordinaire’ pendant les ‘longues négociations’, clôturées par le Conseil de Luxembourg du début octobre, qui a débouché dans l’approbation d’un document final qui assure ‘la meilleure gestion des frontières extérieures’, aussi grâce à la nouvelle opération conjointe Triton.

Très ravi, Angelono Alfano proclame : ‘Avec Triton, l’Italie dépensera zéro euro’, l’opération européenne ‘sera financée par des fonds européens’. Oubliant, peut-être, qu’une large partie des contributions, financières et matérielles, est attribuée aux états membres participants, donc Italie inclue.

La mission part de deux bases: Lampedusa et Porto Empédocle ; elle patrouille autour des côtes de de Sicile et en mer au large de la côte de la Calabre, pas au-delà des 30 miles de la côte italienne, ‘contrairement à Mare Nostrum, qui était intervenue quasi jusqu’à la côte de la Libye’, tient à préciser le ministre. En outre, il va au-delà des mesures contingentes, déclarant : ‘Nous avons besoin de changer la stratégie de l’Europe et exiger que les demandes d’asile soient déposées en Afrique’.

Roberta Pinotti, ministre de la Défense :

La ministre complète le panorama de la position du gouvernement italien, et rassure : la mission Mare Nostrum sera retirée graduellement. Il y aura une ‘phase de sortie’ de deux ou trois mois, où l’Italie réduira sa présence en mer. Toute mesure ne porte pas atteinte au sauvetage en mer qui ne sera pas affecté : alors ‘c’est le droit de la mer qui l’impose. L’Italie ne reviendra pas en arrière’, a-t-elle déclaré à propos du passage de Mare Nostrum à Triton.

Commissaire Malmström:

La commissaire sortante chargée de l’immigration, s’est dite ravie de la ponctualité du lancement de Triton, ‘c’est l’opération maritime la plus importante que Frontex n’at jamais conduite’. En effet, elle se félicite de la large participation de la plupart des états membres (21) et des associés Schengen, Royaume-Uni exclu. Les ressources techniques et humaines qu’ils ont mises à disposition, ont été suffisantes à satisfaire la demande du soutien du gouvernement italien.

Par ailleurs, Triton est, à son avis, un ‘symbole de la solidarité de l’Union Européenne’, qui intervient ainsi en aide à l’Italie face aux pressions migratoires sur la Méditerranée, ‘mer Européenne et responsabilité Européenne’. Il reste de savoir si c’est d’une telle solidarité dans le contrôle des frontières extérieures, dont l’Union a besoin à l’instant.

En outre, la commissaire est ‘confiante que Triton offrira son aide au sauvetage de vies en mer et contribuera à l’effort humanitaire italien’.

Toutefois, il ne s’agit que d’une mission complémentaire aux mesures du gouvernement italien, auquel elle remet entièrement la responsabilité du terme mis à Mare Nostrum et rappelle , une fois de plus, le caractère non-substitutif de Triton à Mare Nostrum. Enfin, cette opération serait en soi insuffisante à garantir des résultats satisfaisants : ‘afin d’obtenir unplein succès, ces efforts en mer doivent être complétées par d’autres mesures’, dit-elle, faisant référence à la mise en œuvre effective du paquet asile, ainsi qu’à la création d’un système européen pour la réinstallation des réfugiés.

Francesco Maria Foffi, Ammiraglio di Squadra de la Marina Militare Italiana, commandant en chef de l’Opération Mare Nostrum.

Lors de la conférence ‘Access to protection: bridges not walls’ organisée par le Conseil Italien pour les Réfugiés, en partenariat avec L’European Council of Refugees and Exiles, à Bruxelles mardi 28 octobre 2014, l’Amiral Francesco Maria Foffi a présenté la position de la Marina Militare Italiana à la veille du lancement de l’opération Triton.

Tout d’abord il accueille favorablement l’arrivée du drapeau Européen en soutien de l’Italie, même s’il regrette le retard qui la décision a pris. Cependant cette dernière remarque a été rejetée fermement par Klaus Rösler, Directeur Opérations Division, qui participait également à la table ronde : ‘Frontex était déjà présent avant 2014’, souligne-t-il, ‘grâce aux opérations Hermes et Aeneas qui ont assuré le soutien au gouvernement italien, immédiatement renforcé après la tragédie de Lampedusa.’

Très intéressante sa déclaration concernant l’avenir de l’opération Mare Nostrum : ‘jusqu’à ce moment je n’ai reçu aucun ordre de retrait de la mission, donc pour le moment je ne possède aucune information’, a-t-il affirmé. Cependant, il est conscient qu’une telle éventualité pourrait se présenter. A ce propos, il a laissé transparaître sa position. Il a remarqué que seulement si quelqu’un assure la présence en mer où ont lieu les tragédies, et donc aussi au-delà des eaux territoriales et contiguës auxquelles se limite Triton, les vies des migrants seront sauvées ; au contraire, s’il n’y aucun responsable, personne pourra intervenir avec toutes les conséquences évidentes cas.

Mais donc, qu’est-ce qu’on devrait déduire, à la lumière des déclarations du gouvernement italien précitées?

La position de FRONTEX

Des déclarations très positives viennent aussi de la part des représentants de l’agence Frontex : ‘Nous sommes très satisfaits de la réponse des États membres qui ont généreusement contribué, avec leur équipement technique et leurs experts – le nombre d’offres a dépassé de loin nos besoins’, a déclaré Gil Arias Fernandez, Directeur Exécutif Frontex. Toutefois il ajoute : ‘Je tiens à souligner que l’opération Triton se concentre sur le contrôle et la surveillance des frontières. Cela dit, sauver des vies restera une priorité absolue pour Frontex’.

Frontex interviendra en soutien de l’Italie également dans la lutte contre les trafiquants d’êtres humains, opérant dans les pays d’origine et de transit des migrants, grâce aux cinq équipes de débriefing ainsi qu’à deux équipes de dépistage. D’ailleurs le site officiel Frontex précise : ‘la zone d’activité de Triton couvrira les eaux territoriales de l’Italie ainsi qu’une partie de la zone de recherche et sauvetage (SAR) entre les deux pays’.

Le Parlement Européen, notamment la commission LIBE, a participé de manière très active aux discussions. Lors de ces réunions de nombreuses questions ont été posées à la Présidence italienne du Conseil, ainsi qu’aux représentants de l’Agence Frontex intervenus lors des débats. EU-Logos a interviewé trois députés italiens (Ignazio Corrao, membre EFD, Barbara Matera, PPE, et Cécile Kyenge, S&D), afin d’avoir une vision approfondie et plus claire sur la problématique. (Interview en extenso sur En savoir plus).

Elena Sbarai

 

En savoir plus :

 


Classé dans:Conditions d'accueil des réfugiés, COOPERATION INTERNATIONALE, DIGNITE HUMAINE, DROITS FONDAMENTAUX Author :
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